Plus de trois ans après la prise du pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), la question de la candidature du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, aux futures élections se pose avec de plus en plus d’intensité. Le sujet alimente de nombreux débats, non seulement au sein des institutions, mais également dans les discussions quotidiennes des Guinéens, en particulier à Kankan, ville natale du leader militaire.
Des voix se font entendre parmi les proches du président, qui plaident ouvertement pour un prolongement de son mandat. Ces appels sont d’autant plus forts que plusieurs personnalités influentes, notamment au sein de l’entourage direct de Doumbouya, affichent leur soutien pour qu’il reste à la tête du pays après la fin de la transition. Le ministre secrétaire général à la présidence, le général Amara Camara, s’est récemment fait l’écho de ces aspirations en réaffirmant son soutien indéfectible à son supérieur, en déclarant qu’il estime que le président Doumbouya est le seul à même de conduire la Guinée vers une stabilité durable.
Lors d’une grande marche blanche tenue à Kankan en faveur d’une transition réussie, cet engagement a été clairement réitéré. Le général Camara, devant une foule enthousiaste, a souligné les accomplissements du CNRD depuis sa prise du pouvoir en septembre 2021, en mettant en avant les réformes engagées pour moderniser les institutions du pays et assainir les finances publiques. Pour lui, le maintien du Général Doumbouya à la tête de l’État serait un gage de continuité et de consolidation des acquis de la transition.
Cette position suscite des réactions contrastées au sein de la société guinéenne. D’un côté, certains soutiennent l’idée que Doumbouya doit rester au pouvoir pour achever les réformes qu’il a entamées, notamment dans le secteur de la justice et de la gouvernance. Ils estiment que la stabilité du pays nécessite un leader fort capable de maintenir le cap vers une transition réussie.
D’un autre côté, une partie de la population et plusieurs organisations de la société civile soulignent le besoin impératif de restaurer un ordre constitutionnel et de garantir un retour à la démocratie à travers des élections libres et transparentes.
Ces voix rappellent que, bien que la transition ait permis de faire face à des défis institutionnels et économiques, elle ne saurait durer indéfiniment sans risquer de compromettre les acquis démocratiques et de susciter des frustrations parmi ceux qui aspirent à un véritable changement de gouvernance.
La situation est d’autant plus complexe que la Guinée, après des décennies de régimes autoritaires et de crises politiques, est à un tournant décisif de son histoire.
Il est clair que, dans les mois à venir, la question de la candidature de Mamadi Doumbouya continuera d’alimenter les débats, non seulement au sein des cercles politiques, mais aussi dans les rues et les places publiques. Le sort de la transition guinéenne pourrait ainsi se jouer dans ces discussions, à la croisée des chemins entre un retour à la démocratie et la consolidation d’un pouvoir militaire.
Actuguinee.net