Le procès de Mamadi Camara, ancien ministre de l’Économie et des Finances sous Alpha Condé, se poursuit ce mercredi 12 février 2025 devant la Chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Poursuivi pour détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux, corruption et enrichissement illicite, l’ex-ministre est confronté à des inspecteurs ayant rédigé un rapport accablant.
À l’ouverture de l’audience, le juge Yaghouba Conté a informé les parties d’une demande du Vérificateur Général, sollicitant que les inspecteurs soient entendus à huis clos pour préserver leur identité en raison de la nature sensible de leur mission. Cette requête a été fermement contestée par la défense, qui a souligné le caractère public des audiences judiciaires. Après délibération, la CRIEF a décidé de rejeter la demande de huis clos, ordonnant la comparution publique des inspecteurs.
Lors de l’audience, Abdoulaye Oumar Diallo, inspecteur d’État et Vérificateur Général Adjoint, a expliqué que le rapport rédigé était provisoire, car l’ex-ministre n’avait pas été consulté durant l’enquête. Il a précisé que l’objectif était de vérifier si les montants alloués au ministère avaient été correctement utilisés, en collaboration avec des services tels que la Direction Administrative et Financière (DAF) et le service des investissements.
La défense a contesté la procédure, arguant que Mamadi Camara n’avait pas été informé de la mission de l’Inspection Générale d’État, remettant en question la légalité du rapport.
La CRIEF a décidé de renvoyer l’affaire au 26 mars 2025, afin de permettre aux parties de formuler leurs observations sur le rapport d’enquête et d’entendre la partie civile.
La défense s’est farouchement opposée à cette demande. Pour étayer leur position, Me Aboubacar Sidiki Camara et Me Lanciné Sylla ont invoqué les dispositions de l’article 397 du code de procédure pénale.
« On ne peut pas accorder le huis clos. Pourquoi ? L’audience est publique. Le principe, c’est la publicité. Et dans quelles conditions le huis clos peut être ordonné ? Nous, notre client qui est accusé sur la base de ce rapport, lui, il est jugé publiquement. Le peuple, M. le Président, au nom duquel la justice est rendue, ce peuple veut savoir dans quelles conditions ce rapport a été établi pour qu’il puisse servir de support aux poursuites dirigées contre notre client », a opposé Me Lanciné Sylla.
Le ministère public ne s’est pas opposé à ce que les inspecteurs soient entendus à l’audience publique, mais il a invité les avocats de la défense à les aborder non pas comme des adversaires mais comme des experts venus aider la Cour. L’avocat de la partie civile n’était pas représenté. En fin de compte, la Cour a rejeté la demande de huis clos sollicitée par le vérificateur tout en invitant lesdits inspecteurs à la barre.
Avec Mosaïqueguinee