Alors que le 4ᵉ Recensement Général de la Population et de l’Habitation (RGPH-4), conduit par l’Institut National de la Statistique (INS), s’est déroulé du 1er au 31 juillet 2025 sur toute l’étendue du territoire national, un climat de frustration s’installe à Coyah et Dubréka. En cause : le non-paiement de 50 % de la dernière tranche des primes promises aux agents recenseurs.
Lancé par décret présidentiel, le RGPH-4 visait à fournir des données fiables et actualisées sur la population guinéenne. Cependant, à Coyah et Dubréka, ce projet laisse un goût amer, terni par des retards de paiement et des erreurs de traitement.
Tout aurait commencé par une erreur de virement opérée par Orange Money, partenaire chargé du paiement des primes. Au lieu de verser 280 000 francs guinéens correspondant à la première tranche de la prime de formation, 2 000 000 GNF auraient été déposés par inadvertance sur les comptes de certains agents de ces deux préfectures. Ce dysfonctionnement a ensuite entraîné un blocage des paiements suivants.
Un chef d’équipe de la commune urbaine de Coyah, qui a préféré garder l’anonymat, s’est exprimé sur la situation dans une interview :« Je parle au nom de tous les chefs d’équipes et des agents recenseurs de Coyah. Malgré les difficultés rencontrées sur le terrain, notamment les conditions météorologiques en pleine saison hivernale, nous avons accompli notre mission avec sérieux. Coyah a d’ailleurs été classée première en couverture parmi les 34 préfectures du pays, ce qui est un motif de fierté. Pourtant, à ce jour, toutes les préfectures ont été payées, sauf Coyah et Dubréka. Nous avons été injustement pénalisés à cause d’une erreur qui ne nous incombe pas. Sur les 1 720 000 GNF perçus à tort, l’INS a défalqué nos primes. Aujourd’hui, chaque chef d’équipe devrait percevoir 1 536 000 GNF, sans compter les 90 000 GNF dus pour les deux jours de formation, et chaque agent recenseur 1 360 000 GNF. Nous lançons un appel pressant à nos supérieurs et aux autorités pour qu’ils règlent cette situation d’ici vendredi. Passé ce délai, nous n’aurons d’autre choix que de manifester dans la rue. »
Les agents de Coyah et Dubréka espèrent que cet appel sera entendu par les autorités compétentes. Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’un paiement, mais de la reconnaissance d’un travail accompli avec rigueur au service du pays.
A. Soumah



