La cérémonie officielle de remise des attestations aux 300 bénéficiaires du programme d’accompagnement entrepreneurial mis en œuvre par l’Agence guinéenne pour la promotion de l’emploi (AGUIPE), avec l’appui du programme FIER financé par la coopération belge, s’est tenue ce mercredi 05 Août 2026 au ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale. Elle s’est transformée en une véritable tribune en faveur de l’entrepreneuriat des jeunes. Les ministres Aboubacar Kourouma et Lansana Béa Diallo y ont livré deux interventions fortes, complémentaires et résolument tournées vers la création d’un écosystème durable de soutien aux porteurs de projets.
Prenant la parole, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Aboubacar Kourouma, s’est exprimé avec la casquette d’ancien secrétaire général du ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, insistant sur la continuité institutionnelle entre les deux départements.
Pour lui, cette cérémonie dépasse largement le cadre d’une simple remise d’attestations. « Aujourd’hui, nous ne célébrons pas seulement la fin d’un programme, nous célébrons avant tout la réussite d’une vision. La vision d’une Guinée où les jeunes ne sont pas uniquement des demandeurs d’emploi, mais également des créateurs de richesses, des bâtisseurs d’entreprises et des acteurs du développement national », a-t-il déclaré.
Du projet à l’entreprise, puis de l’entreprise au financement
Le ministre a rappelé que le véritable enjeu consiste désormais à accompagner les bénéficiaires vers la formalisation et la consolidation de leurs entreprises.
Dans ce sens, il a présenté le Club des financeurs de l’entreprise guinéenne, récemment lancé par son département, comme un instrument destiné à combler le fossé entre les jeunes entrepreneurs et les institutions financières.
« Le plus grand bénéficiaire de ce programme, c’est le ministère de l’Industrie et du Commerce. Vous sortez aujourd’hui du moule de la formalisation de vos idées de projets pour entrer dans celui de l’accompagnement des PME. Nous avons désormais les outils pour vous aider à construire des entreprises viables et finançables », a-t-il expliqué.
Aboubacar Kourouma a dressé le constat d’un paradoxe persistant : d’un côté, des jeunes innovants peinent à accéder aux financements ; de l’autre, des institutions financières disposant de liquidités importantes hésitent à soutenir des projets jugés insuffisamment structurés.
« Nous avons des jeunes porteurs d’innovation qui n’avancent pas parce qu’ils manquent de financement. À l’inverse, nous avons des institutions financières en situation de surliquidité qui n’arrivent pas à financer ces projets parce qu’elles les estiment insuffisamment structurés. Notre ambition est de briser cette barrière entre l’offre et la demande de financement », a-t-il souligné.
Institutionnaliser un modèle national d’accompagnement
Le ministre a également plaidé pour la pérennisation de cette initiative.
Selon lui, les résultats enregistrés lors de cette phase pilote démontrent qu’il est désormais possible de bâtir un véritable service public d’accompagnement entrepreneurial.
« Nous ne devons pas nous arrêter à cette première promotion. Notre ambition est d’institutionnaliser ce dispositif afin qu’il devienne un programme permanent au service des jeunes Guinéens et qu’il soit progressivement étendu à toutes les régions du pays », a-t-il affirmé.
Insistant sur l’équité territoriale, il a ajouté : « Le lieu de naissance d’un jeune ne doit jamais déterminer ses chances de réussite. Chaque jeune Guinéen doit pouvoir accéder aux mêmes opportunités d’accompagnement et de développement entrepreneurial. »
Pour Aboubacar Kourouma, investir dans l’entrepreneuriat revient à investir dans la stabilité sociale, la croissance économique et la prospérité nationale.
Lansana Béa Diallo appelle les jeunes à « oser entreprendre »
Invité à son tour, le ministre de la Jeunesse, Lansana Béa Diallo, a livré un discours particulièrement inspirant, ponctué de références au sport de haut niveau, domaine dans lequel il a construit sa renommée internationale.
Après avoir salué le partenariat entre la Guinée et la Belgique, pays où il a effectué une grande partie de son parcours, il a insisté sur l’importance du travail collectif au sein du gouvernement.
« Une équipe ne gagne pas parce qu’elle possède les meilleurs joueurs. Elle gagne parce qu’elle joue collectif. Le meilleur attaquant ne marque pas sans une bonne passe et le meilleur gardien ne remporte pas un match à lui seul. C’est ainsi que nous devons gouverner », a-t-il déclaré.
Selon lui, la coopération entre les différents ministères constitue un levier essentiel pour offrir davantage d’opportunités à la jeunesse.
« Nos ministères ont des compétences différentes, mais elles sont complémentaires. Lorsque nous travaillons en transversalité et que nous nous faisons les bonnes passes, ce sont les jeunes qui remportent la victoire », a-t-il soutenu.
« N’ayez pas peur d’échouer »
S’adressant directement aux bénéficiaires, Lansana Béa Diallo les a exhortés à faire preuve d’audace et de résilience.
« Cette attestation n’est pas une ligne d’arrivée, c’est une ligne de départ. N’ayez pas peur d’entreprendre. N’ayez pas peur d’échouer. Les plus grands entrepreneurs, comme les plus grands champions, ne sont pas ceux qui ne tombent jamais, mais ceux qui savent se relever et continuer d’avancer », a-t-il lancé.
Puisant dans son expérience de boxeur, il a poursuivi :
« La boxe m’a appris une leçon essentielle : ce ne sont pas les coups qui font un champion, mais sa capacité à se relever. Cette leçon vaut également pour l’entrepreneuriat. »
Le ministre de la Jeunesse a enfin assuré les jeunes du soutien constant de son département.
« La Guinée a besoin d’une jeunesse qui ose, qui innove, qui crée des entreprises et des emplois. Chaque entreprise créée est une victoire pour la Guinée, chaque emploi créé est une victoire pour la jeunesse et chaque jeune qui réussit est une victoire pour toute la Nation », a conclu Lansana Béa Diallo.
À travers ces deux interventions, le gouvernement a affiché une volonté commune de faire de l’entrepreneuriat un pilier majeur de la politique nationale de l’emploi. Entre accompagnement technique, accès au financement, coopération institutionnelle et appel à l’audace, le message adressé aux jeunes est sans équivoque : l’avenir économique de la Guinée passera par une génération d’entrepreneurs capables de transformer leurs idées en entreprises pérennes et créatrices de richesses.




