Dans l’affaire impliquant l’activiste Bella Bah, interpellé à la suite de propos jugés déplacés à l’encontre du chef des imams de Guinée, Elhadj Mamadou Saliou, le guide religieux choisit la voie de l’apaisement. Dans une déclaration empreinte de compassion, il appelle à la clémence des autorités et plaide ouvertement pour la libération de l’activiste.
Se présentant avant tout comme un père soucieux de l’avenir de son fils, Elhadj Mamadou Saliou estime que Bella Bah, au regard notamment de son âge et de sa position de responsable religieux, ne saurait être considéré autrement que comme son enfant.
Le chef des imams affirme ainsi avoir personnellement pardonné les propos tenus à son encontre et souhaite que les autorités compétentes fassent preuve de la même indulgence.
« Celui qui a tenu ces propos est mon fils. J’ai plus de 80 ans aujourd’hui, donc c’est mon fils. Je suis un responsable religieux ; même sans tenir compte de l’âge, cela fait de moi un père pour lui. Donc, c’est mon fils », a-t-il déclaré.
Poursuivant son plaidoyer, le religieux s’est directement adressé aux autorités gouvernementales, les invitant à privilégier le pardon et l’apaisement dans le traitement de cette affaire.
« Alors, je pardonne ces propos et je demande pardon au gouvernement afin qu’il le relâche. Je plaide auprès des autorités pour qu’elles pardonnent à mon fils, Bella Bah », a-t-il ajouté.
Cette prise de position du chef des imams de Guinée intervient alors que l’affaire suscite des réactions dans l’opinion. En choisissant de pardonner publiquement et de solliciter la clémence des autorités, Elhadj Mamadou Saliou entend manifestement privilégier le dialogue, la réconciliation et l’apaisement plutôt que la confrontation.
Son intervention place désormais les autorités face à un appel explicite au pardon, formulé par la personne même qui s’estime offensée dans cette affaire.
