La cérémonie d’ouverture du grand forum « Jeunesse et Avenir » s’est tenue ce mercredi 30 septembre 2026 au Chapiteau By Issa de Conakry.
En présence de plusieurs membres du Gouvernement, d’étudiants, de chercheurs, de jeunes diplômés et de nombreux acteurs engagés dans la promotion de la jeunesse guinéenne, Dre Diaka Sidibé ancienne ministre de l’Enseignement supérieur et actuelle conseillère chargée de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique à la Présidence de la République de Guinée a défendu une transformation en profondeur du système éducatif guinéen. Pour elle, l’enjeu n’est plus de multiplier les diplômes, mais de former des jeunes capables d’innover, d’entreprendre et de répondre aux besoins d’une économie appelée à se transformer sous l’impulsion du programme Simandou.
« Le diplôme certifie un parcours, mais la compétence s’acquiert »
La Guinée veut-elle encore produire davantage de diplômés ou, désormais, des profils immédiatement opérationnels ? Pour Dre Diaka Sidibé, la réponse ne fait guère de doute : la réforme de la formation doit désormais être guidée par les besoins réels de l’économie.
Prenant la parole lors de la cérémonie d’ouverture du forum « Jeunesse et Avenir », l’ancienne ministre a insisté sur les mutations engagées dans les différents secteurs de l’éducation. Selon elle, l’accélération de ces réformes est notamment portée par les exigences liées à la mise en œuvre du programme Simandou.
« Nos systèmes sont en mouvement », a-t-elle martelé, soulignant que de nouveaux programmes de formation doivent entrer en vigueur dès la rentrée universitaire 2026-2027.
Pour Dre Diaka Sidibé, l’enjeu dépasse désormais la seule obtention d’un diplôme. « À la fin, qu’est-ce que le jeune sait faire ? Est-ce qu’il sait résoudre un problème ? Est-ce qu’il va innover ? Est-ce qu’il va entreprendre ? », s’est-elle interrogée, plaçant ainsi la compétence au cœur de la nouvelle approche de formation.
« Il ne s’agit plus simplement de la question du diplôme »
Dans cette perspective, l’ancienne ministre estime que la réponse aux défis de l’emploi ne réside pas uniquement dans la construction de nouvelles écoles ou l’ouverture de nouvelles universités.
« L’enjeu pour aller vite n’est donc pas de créer de nouvelles écoles ou de construire davantage d’universités. Il faut qu’on s’assure que ce que nous dispensons répond aux besoins de l’économie du futur », a-t-elle déclaré.
Cette orientation passe notamment par la révision des curricula, la professionnalisation des parcours et l’intégration accrue du numérique dans les formations. Une évolution qui, selon elle, doit permettre de réduire progressivement le décalage entre les compétences produites par le système éducatif et celles recherchées par les entreprises.
« De nouveaux diplômes pour répondre aux besoins du marché »
Dre Diaka Sidibé a également mis en avant plusieurs réformes engagées dans l’enseignement supérieur. Parmi elles, l’ouverture prochaine de nouveaux parcours, notamment les Diplômes universitaires de technologie (DUT), destinés à répondre aux besoins de métiers nécessitant davantage de professionnalisation.
Des parcours d’ingénierie sont également appelés à se développer dans plusieurs instituts spécialisés. Une orientation jugée stratégique pour accompagner les besoins de compétences liés aux grands projets en cours et à venir.
Mais pour l’ancienne ministre, la réforme ne pourra produire pleinement ses effets sans une implication plus forte du secteur privé.
« Les entreprises doivent s’investir dans les stages et l’alternance »
Elle appelle ainsi les entreprises à devenir de véritables partenaires du système de formation, notamment à travers les stages, l’alternance et l’accompagnement pratique des étudiants.
« Le diplôme certifie un parcours, le nombre d’années de formation mais la compétence s’acquiert », a-t-elle rappelé, plaidant pour une collaboration plus étroite entre les établissements de formation et le monde professionnel.
À ses yeux, cette articulation est indispensable pour constituer une main-d’œuvre nationale qualifiée et répondre aux exigences du contenu local.
Autre chantier évoqué : l’entrepreneuriat étudiant. Dre Diaka Sidibé a rappelé les avancées enregistrées avec la reconnaissance du statut de l’étudiant-entrepreneur dans le cadre de la législation sur la recherche et l’innovation.
Une manière, selon elle, d’élargir les perspectives offertes aux jeunes au-delà du seul salariat et de favoriser l’émergence de nouvelles initiatives économiques.
En définitive, son message se veut clair : la transformation du système éducatif guinéen doit être pensée en fonction des besoins de production et des grands projets structurants du pays.
« Nous formons pour qui ? Pour quel projet ? Pour quelles compétences à la fin ? », a-t-elle lancé, appelant les différents sous-secteurs de l’éducation à parler d’une même voix avec le secteur privé.
Dre Diaka Sidibé à la jeunesse : « Ayez confiance en vous, mais faites en sorte que votre talent parle pour vous »
Dans la conclusion de son intervention au grand forum « Jeunesse et Avenir », Dre Diaka Sidibé a appelé les jeunes Guinéens à cultiver la confiance en soi tout en la fondant sur une compétence réelle et durable.
« Si vous devez vous dire : j’ai la force, je suis jeune, j’ai l’énergie, mettez cette énergie et cette force dans un talent », a-t-elle lancé, insistant sur la nécessité pour chaque jeune de développer un savoir-faire capable de répondre concrètement aux besoins de la société.
Pour l’ancienne ministre, le talent ne se résume pas à un diplôme. « Le talent, ce n’est pas le diplôme. C’est quelque chose que vous savez faire, quelque chose que vous savez résoudre », a-t-elle expliqué, estimant qu’une compétence maîtrisée peut ouvrir des portes, avec ou sans qualification académique.
S’appuyant sur son propre parcours, de géologue sur le terrain aux salles de classe et aux laboratoires de recherche, avant d’accéder aux plus hautes responsabilités de l’État, Dre Diaka Sidibé a souligné l’importance de préserver et de valoriser les compétences acquises au fil de son parcours.
Son message à la jeunesse se veut ainsi à la fois simple et exigeant : croire en soi, développer ses compétences et faire de son talent une véritable force de valorisation professionnelle. « Ayez confiance en vous, mais avec une compétence. Travaillez pour que votre talent parle pour vous », a-t-elle conclu.
La confiance en soi et le développement personnel figurent désormais parmi les thématiques majeures portées par cette initiative en faveur de la jeunesse guinéenne.
Pour Dre Diaka Sidibé, l’objectif est désormais de faire de la jeunesse guinéenne non seulement une génération diplômée, mais surtout une génération capable de contribuer, d’innover et d’entreprendre, afin de mieux saisir les opportunités liées à l’essor économique attendu autour de Simandou.



