Le camp de Benyamin Netanyahu arrive en tête des législatives israéliennes, mais échoue à réunir une majorité parlementaire. Avec seulement 53 sièges sur 120, le Premier ministre sortant se retrouve confronté à de délicates tractations, tandis que les partis arabes s’imposent comme des acteurs incontournables du jeu politique.
Les urnes ont livré leur verdict, mais l’incertitude demeure. Selon les résultats définitifs publiés dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre, la coalition de droite et d’extrême droite conduite par Benyamin Netanyahu obtient 53 sièges, loin des 61 nécessaires pour disposer d’une majorité à la Knesset. Le Likoud reste néanmoins la première formation politique du pays avec 27 députés.
En face, le bloc d’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot totalise 48 sièges. Autre fait marquant du scrutin : une participation proche de 78 %, tandis que les listes arabes Raam et Liste unifiée réalisent une percée significative avec 19 élus à elles deux, susceptibles de faire basculer les négociations.
Mais la bataille électorale se prolonge désormais sur le terrain des accusations. Le camp Netanyahu a relayé des soupçons de fraude et de financement qatari visant les formations arabes. Des allégations fermement rejetées par les partis concernés et par le Qatar. Gadi Eisenkot accuse, pour sa part, le Premier ministre sortant de chercher à délégitimer les résultats. Le Shin Bet a ouvert des investigations sur de possibles irrégularités, tandis que la Commission électorale a dénoncé la circulation d’informations infondées.
Des négociations sous haute tension
La formation du prochain gouvernement s’annonce particulièrement périlleuse. Les résultats doivent être officiellement transmis au président Isaac Herzog le 4 novembre. Il lui reviendra ensuite de désigner la personnalité la mieux placée pour constituer une coalition, avec un délai initial de 28 jours, prolongeable de 14 jours.
De son côté, Gadi Eisenkot envisage une offensive parlementaire autour de deux dossiers explosifs : la conscription universelle, vivement contestée par les milieux ultra-orthodoxes, et la création d’une commission d’enquête nationale sur les défaillances ayant précédé les attaques du 7 octobre 2023.
Cette stratégie pourrait toutefois se heurter aux divisions internes de l’opposition, notamment au refus d’Avigdor Liberman de conclure un accord avec les factions arabes. Même Mansour Abbas, chef de Raam, doute de la viabilité d’un gouvernement minoritaire.
Entre rivalités politiques, accusations controversées et désaccords stratégiques, Israël s’engage dans une période d’incertitude. Faute de compromis, le pays pourrait être contraint de retourner aux urnes, au risque d’aggraver une instabilité politique déjà préoccupante, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions sécuritaires.

