La lutte contre l’orpaillage illégal franchit un nouveau cap dans la région administrative de Siguiri. Après la radiation de plusieurs administrateurs territoriaux, les autorités guinéennes viennent de frapper un nouveau coup en démettant 479 présidents de quartiers et de districts de leurs fonctions, accusés d’avoir favorisé l’exploitation aurifère clandestine.
Dans une décision signée le 3 novembre 2026, la ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Djénabou Camara, reproche à ces responsables locaux leur implication présumée dans des activités d’orpaillage illégal et d’exploitation artisanale et semi-artisanale de l’or, aux conséquences environnementales particulièrement préoccupantes.
Des terres agricoles aux ressources hydriques, en passant par la faune et la flore, les dégâts dénoncés sont considérables. La décision ministérielle pointe notamment la destruction des terres cultivables, la dégradation des ressources en eau et halieutiques, ainsi que la menace pesant sur les écosystèmes.
À ces accusations s’ajoute l’hébergement et l’emploi d’étrangers en situation irrégulière, des pratiques qui renforcent les soupçons pesant sur les responsables concernés.
La ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation hausse également le ton sur le volet judiciaire. Tout président de conseil de district ou de quartier dont l’implication dans ces activités illicites sera établie s’exposera à des poursuites devant les juridictions compétentes.
Pour éviter toute paralysie de l’administration locale, les premiers vice-présidents des responsables démis sont chargés d’assurer leur remplacement et de garantir la continuité du service public.
Cette nouvelle vague de sanctions traduit la volonté des autorités guinéennes de s’attaquer aux ramifications locales de l’exploitation aurifère clandestine. À Siguiri, l’heure semble désormais à la responsabilisation des acteurs locaux, alors que les conséquences de l’orpaillage illégal continuent de susciter de vives préoccupations environnementales.
Après les administrateurs territoriaux, ce sont désormais des centaines de responsables locaux qui se retrouvent dans le viseur des autorités. Un signal fort dans la bataille engagée contre l’orpaillage clandestin et ses ravages.

