La riposte judiciaire contre l’exploitation minière clandestine prend une nouvelle ampleur en Haute-Guinée. Seize anciens responsables administratifs de la préfecture de Siguiri, parmi lesquels plusieurs préfets et sous-préfets, ont été placés sous mandat de dépôt dans le cadre des enquêtes visant les réseaux présumés impliqués dans l’orpaillage illégal. Cette nouvelle vague d’incarcérations intervient deux jours après le placement en détention de sept premiers suspects dans la même affaire.
Les personnes poursuivies sont soupçonnées de faits particulièrement graves, notamment de corruption d’agents publics, d’enrichissement illicite, de blanchiment de capitaux et de complicité d’atteintes à l’environnement. Les investigations portent notamment sur les dégradations des terres et la pollution massive des cours d’eau, conséquences de l’exploitation aurifère anarchique qui sévit dans plusieurs localités de la région.
Parallèlement à ces poursuites judiciaires, les autorités ont procédé à la radiation de l’ensemble des administrateurs concernés des effectifs de la Fonction publique et de l’armée. Une mesure administrative qui vient s’ajouter à la procédure pénale engagée contre ces anciens responsables.
Cette offensive judiciaire traduit un durcissement de la réponse des autorités face aux pratiques d’exploitation minière illégale et aux complicités présumées au sein de l’administration locale.
Les seize cadres concernés par la procédure sont :
- Djonko Camara, ex-préfet de Nounkankan ;
- Sory Camara, ex-préfet par intérim de Siguiri ;
- Mohamed Lamine Koïta, ex-préfet par intérim de Kintinian ;
- Mamy Camara, ex-sous-préfet de Maléya ;
- Naman Kourouma, sous-préfet de Kiniébakoura ;
- Naman Kourouma, ex-sous-préfet de Tignèbakoro ;
- Hamidou Cissé, ex-sous-préfet de Niandankoro ;
- Bintou Fanta Kaba, ex-sous-préfète de Koumandiadjabougou ;
- Djiba Condé, ex-sous-préfet de Mignandan ;
- Aboubacar Kanté, ex-sous-préfet de Narassoba ;
- Lancéi Kourouma, ex-sous-préfet de Tombakassan ;
- Morlaye Soumah, ex-sous-préfet de Djomabana ;
- Lansana Abdoulaye Kourouma, sous-préfet de Didi ;
- Kaba Sidibé, ex-sous-préfet de Tomboni ;
- Fodé Isac Camara, ex-sous-préfet de Gnagassola ;
- Aliou Camara, ex-préfet de Dialakoro.
Toutefois, les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence et ne pourront être considérées comme coupables qu’à l’issue d’une décision de justice définitive.

