Après trois (3) années 10 mois de détention préventive, l’ex premier ministre sous l’ère Alpha Condé a obtenu, ce jeudi, une mise en liberté d’office. La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a invoqué des raisons de santé pour justifier cette décision, assortie toutefois de strictes conditions de contrôle.
C’est un tournant majeur dans l’un des dossiers les plus emblématiques de la transition guinéenne. Incarcéré depuis le 31 mai 2022, Dr Ibrahima Kassory Fofana, poursuivi pour « détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux », va pouvoir quitter le milieu carcéral.
Une absence remarquée à l’audience
Lors de l’audience de ce jeudi, le box des accusés est resté vide. Le juge Daye Mara a d’emblée acté l’absence du prévenu, une situation devenue récurrente. Le ministère public a confirmé que les tentatives d’extraction de l’ancien Premier ministre s’étaient heurtées à son refus systématique, celui-ci se disant trop affaibli pour comparaître.
C’est finalement un courrier de la Direction nationale de l’administration pénitentiaire, attestant de la dégradation de l’état de santé de l’ancien locataire du palais de la Colombe, qui a fait basculer la séance.
Un consensus pour une liberté sous conditions
Fait notable, le procureur a lui-même sollicité cette mise en liberté, arguant que les soins nécessaires ne pouvaient être dispensés en détention. La partie civile, représentant l’État guinéen, ne s’y est pas opposée.
La liberté de Dr Kassory Fofana n’est cependant pas totale. L’ordonnance du juge lui impose un régime de contrôle judiciaire strict :
• Silence médiatique : Interdiction formelle de s’exprimer dans la presse.
• Discrétion publique : Limitation de ses apparitions dans l’espace public.
• Obligation de notification : Devoir d’informer la Cour de tout déplacement.
Prochain rendez-vous judiciaire
Si cette décision marque la fin de près de quatre ans de détention, elle ne signifie pas l’arrêt des poursuites. Le dossier reste ouvert et l’affaire a été renvoyée au 26 mars prochain pour la suite des débats.
L’ancien Premier ministre, qui a toujours clamé son innocence, devra donc se présenter devant ses juges dans un mois, cette fois en homme libre.
Alpha soumah
