C’est un coup de frein judiciaire à une décision gouvernementale très controversée. La Cour suprême a suspendu, jeudi 26 février, l’expulsion de 37 organisations humanitaires de Gaza et de Cisjordanie, dont Médecins sans frontières (MSF). Un départ forcé qui, selon la communauté internationale, menaçait de paralyser l’aide humanitaire, très vitale dans la région.
C’est un répit de dernière minute : la Cour suprême israélienne vient de geler l’expulsion de 37 ONG internationales de Gaza et de Cisjordanie, prévue sous 24 heures, écrit notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. En décembre 2025, le gouvernement avait subordonné le renouvellement de leurs licences à la transmission de la liste de leurs employés palestiniens. La Cour suprême israélienne n’a toutefois pas statué sur le fond.
« Nous attendons toujours de voir comment cette injonction sera interprétée par l’État et si cela entraînera ou non une augmentation de notre capacité à opérer », a déclaré à l’AFP Athena Rayburn, directrice d’AIDA, groupement d’organisations internationales travaillant dans les Territoires palestiniens. Elle fait partie des 17 ONG qui avait saisi la Cour suprême. Athena Rayburn a estimé qu’il s’agissait d’« un pas dans la bonne direction, même s’il reste encore un très, très long chemin à parcourir ».
Yotam Ben-Hillel, avocat représentant les ONG devant la Cour, a salué cet arrêt. Mais « aujourd’hui, la Haute Cour de justice a donné aux habitants de Gaza et de Cisjordanie un peu d’air », s’est-il félicité.
Un enjeu vital
Parmi elles, des piliers comme Médecins sans frontières (MSF), à l’origine du recours en urgence. L’enjeu est vital : ces organisations gèrent un demi-milliard de dollars d’aide – soins, eau, nourriture. Leur départ provoquerait l’effondrement total du système de survie palestinien.
Cette crise a déjà déclenché un tollé diplomatique. Dix pays, dont la France et le Canada, alertent : cette mesure fermerait un centre de santé sur trois à Gaza. Si le gel de la Cour évite la catastrophe immédiate, l’avenir de ces missions reste suspendu à un jugement définitif, dont la date est encore inconnue.
Liste de noms des palestiniens
Le 30 décembre 2025, écrit l’AFP, les autorités israéliennes avaient informé trente-sept organisations, parmi lesquelles Médecins sans frontières, Oxfam, le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) et CARE que leur licence d’opérer arrivait à expiration et ne serait renouvelée que si elles fournissaient une liste des noms de leurs employés palestiniens.
La Rédaction



