L’ancien Directeur général adjoint de l’Office guinéen de publicité (OGP), Jean-Marie « Jeannot » Coumbassa, a été placé sous mandat de dépôt ce mardi avant d’être transféré à la Maison centrale de Conakry. Cette décision intervient quelques jours seulement après son limogeage, intervenu en même temps que celui du Directeur général de l’OGP, à la suite d’une altercation largement relayée sur les réseaux sociaux.
Selon des informations rapportées par le journaliste Abdoul Latif Diallo, l’ancien responsable de l’OGP a été entendu par les enquêteurs de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) dans le cadre du dossier dit « MTN », relatif à des présumées irrégularités dans la gestion des recettes publicitaires.
Son audition fait suite au report d’une première série d’interrogatoires prévue le 19 juin, interrompue en raison d’une coupure d’électricité dans les locaux de la juridiction. À l’issue de cette première journée, plusieurs cadres de l’OGP, notamment le Directeur de la Prospection et du Marketing, le chargé de la préfacturation ainsi que le conseiller chargé de missions, avaient déjà été placés sous mandat de dépôt.
Jeannot Coumbassa, qui ne s’était pas présenté à cette première convocation, a finalement comparu devant les magistrats au lendemain de son éviction de la direction générale adjointe de l’OGP.
Au cours de son audition, il a été appelé à s’expliquer sur les accusations qu’il avait lui-même formulées contre plusieurs de ses anciens collaborateurs. En octobre dernier, il avait saisi la CRIEF et l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), dénonçant un présumé détournement de fonds dans le cadre d’un contrat publicitaire impliquant l’opérateur de téléphonie MTN.
Selon les allégations de l’ancien DGA, une créance de 2,7 milliards de francs guinéens due par l’opérateur pour sa campagne publicitaire de 2025 aurait été ramenée à 950 millions de francs guinéens, la différence ayant, selon lui, fait l’objet d’un détournement.
Les cadres mis en cause contestent toutefois cette version. Ils soutiennent que MTN, dont l’État guinéen est devenu l’actionnaire unique, avait informé l’OGP de la réduction de son budget de communication à 950 millions de francs guinéens. Selon eux, ce montant correspond à la somme effectivement facturée et encaissée, excluant toute remise irrégulière ou malversation financière.
L’enquête ouverte par la CRIEF devra désormais permettre d’établir les responsabilités et de déterminer si les accusations portées par l’ancien Directeur général adjoint reposent sur des éléments suffisamment étayés ou relèvent d’une interprétation erronée des opérations commerciales en cause.
Le placement sous mandat de dépôt de Jeannot Coumbassa marque ainsi une nouvelle étape dans ce dossier aux multiples ramifications, qui continue de susciter un vif intérêt au sein de l’opinion publique.
La Rédaction

