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Clashs entre artistes : le BGDA rappelle que la liberté de créer s’arrête là où commence la loi

Clashs entre artistes : le BGDA rappelle que la liberté de créer s’arrête là où commence la loi

Daouda Youla by Daouda Youla
juillet 19, 2026
in À la une, Société
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CONAKRY – Les joutes verbales entre artistes, particulièrement dans l’univers du rap, sont devenues un véritable phénomène culturel en Guinée. Derrière les rimes incisives, les punchlines percutantes et les confrontations musicales se cache toutefois une réalité juridique que nombre de créateurs ignorent encore. Le directeur général du Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA), Moussa Fofana, a tenu à rappeler les principes qui encadrent la liberté de création, tout en mettant en garde contre les dérives susceptibles d’entraîner des poursuites judiciaires.

 

Selon lui, toute création originale de l’esprit bénéficie de la protection du droit d’auteur, qu’il s’agisse d’une chanson, d’un poème, d’un film, d’une photographie, d’un logiciel ou de toute autre œuvre portant l’empreinte personnelle de son créateur. Cette protection est consacrée par l’article 3 de la loi guinéenne sur le droit d’auteur, qui garantit les œuvres de l’esprit indépendamment de leur genre, de leur forme d’expression, de leur mérite ou de leur destination.

 

Autrement dit, la valeur artistique d’une œuvre ou sa popularité n’entrent pas en ligne de compte. Ce qui fonde la protection juridique demeure son caractère original.

 

Mais cette protection n’est pas un blanc-seing. Moussa Fofana rappelle que le droit d’auteur ne saurait exonérer un artiste de sa responsabilité pénale lorsque son œuvre porte atteinte à l’honneur ou à la réputation d’autrui.

 

À cet égard, l’article 363 du Code pénal guinéen sanctionne la diffamation et l’injure. La première consiste à imputer à une personne un fait portant atteinte à son honneur ou à sa considération, tandis que la seconde vise toute expression outrageante, méprisante ou injurieuse ne reposant sur aucun fait précis.

 

En termes simples, une punchline peut être protégée en tant qu’œuvre de l’esprit tout en exposant son auteur à des poursuites si son contenu franchit les limites fixées par la loi. La créativité artistique ne dispense donc pas du respect des droits d’autrui.

 

Le patron du BGDA reconnaît néanmoins que les clashs occupent une place importante dans la culture rap. Ils stimulent la créativité, mettent en valeur les capacités d’écriture des artistes et contribuent au dynamisme de toute une filière économique, impliquant ingénieurs du son, arrangeurs, producteurs et propriétaires de studios d’enregistrement.

 

Prenant comme illustration le clash opposant les artistes Le Mélangeur et Thiird, Moussa Fofana estime que ces confrontations peuvent constituer un véritable spectacle lorsqu’elles demeurent dans les limites du respect mutuel. Elles participent au divertissement du public et à l’émulation artistique, à condition de ne pas sombrer dans les insultes visant les familles, les atteintes à la dignité des personnes ou les infractions prévues par la loi.

 

En définitive, le directeur général du BGDA invite les artistes guinéens à considérer le droit d’auteur comme un instrument de protection de leur créativité et non comme un moyen de justifier des excès verbaux. Pour lui, l’originalité demeure la véritable force d’un artiste, à condition qu’elle s’exprime dans le respect des lois de la République.

 

Le message est clair : les clashs peuvent nourrir le débat artistique et faire vibrer le public, mais ils ne doivent jamais se transformer en terrain d’infractions pénales. Entre liberté d’expression et responsabilité juridique, la frontière est parfois mince, mais elle demeure essentielle.

 

Alpha soumah 

Tags: Clash entre artisteDGle BGDAle mélangeurMoussa Fofanarecadrethird
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