Le journaliste de Cavi Médias, Yamoussa Cheikh Camara, affirme avoir été victime d’une interpellation qu’il qualifie d’« injustifiée » et d’« arbitraire » dans la matinée de ce mardi 28 Avril 2026, dans le quartier Cosa, en haute banlieue de Conakry. Selon son témoignage, il aurait été détenu pendant plus de quatre heures entre la gendarmerie ECO 18 et l’escadron mobile n°4 de Matoto, sans motif légal clairement établi.
D’après les explications du reporter, les faits se sont déroulés aux environs de 5 heures du matin, lorsqu’il a été réveillé par des bruits inhabituels dans son quartier. En sortant de son domicile pour s’enquérir de la situation, il dit avoir constaté la présence de plusieurs agents des forces de l’ordre, venus procéder à une opération de déguerpissement visant une famille du voisinage, dans un contexte de conflit domanial.
« Je suis simplement sorti pour observer ce qui se passait, en tant que citoyen. Je n’ai ni filmé, ni pris de photos », assure-t-il.
Cependant, sa présence sur les lieux aurait suscité la méfiance des agents. Interpellé par l’un d’eux, il explique avoir clairement indiqué ne pas faire partie de l’opération. Malgré cela, il affirme que le chef de mission aurait ordonné son arrestation immédiate.
« J’ai décliné mon identité et présenté mon badge de journaliste, mais il m’a répondu qu’il s’en fichait », relate-t-il.
Le journaliste affirme avoir été embarqué de force dans un véhicule des forces de l’ordre, puis conduit à la gendarmerie. Sur place, il dit n’avoir bénéficié d’aucune écoute, malgré ses tentatives d’explication. Pire, il indique que son téléphone lui aurait été confisqué alors qu’il tentait d’informer sa hiérarchie de la situation.
Selon son récit, il aurait été placé au violon pendant près d’une heure, avant d’être transféré à l’escadron mobile n°4 de Matoto, où il aurait à nouveau été détenu dans des conditions similaires. Ce n’est qu’à ce niveau, précise-t-il, que sa situation aurait commencé à être prise en considération, après l’intervention d’un chef de poste ayant signalé son statut de journaliste à la hiérarchie.
Une audition aurait alors été menée sur instruction du commandant de l’escadron. Les questions auraient essentiellement porté sur une éventuelle prise d’images ou de vidéos lors de l’opération, ce que le journaliste réfute catégoriquement.
« Je leur ai expliqué que je n’avais rien filmé. J’étais simplement un citoyen observant une scène dans son quartier », insiste-t-il.
Après l’établissement d’un procès-verbal et grâce à l’intervention de ses responsables, notamment le directeur général de Cavi Médias, Aboubacar Camara, et d’autres confrères, Yamoussa Cheikh Camara a finalement été libéré.
Aujourd’hui, il dénonce avec fermeté ce qu’il considère comme une violation de ses droits fondamentaux.
« J’ai été privé de ma liberté pendant plus de quatre heures, sans base légale. Ce qui m’est arrivé peut arriver à n’importe quel citoyen », alerte-t-il, appelant les forces de sécurité à plus de professionnalisme et au respect des libertés publiques.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités sécuritaires concernées n’a été enregistrée. Cette affaire relance toutefois le débat sur les rapports entre forces de l’ordre et journalistes en Guinée, ainsi que sur le respect des droits civiques lors des opérations de maintien de l’ordre.
Alpha soumah

