Au Kenya, la Haute Cour de justice à Nairobi a suspendu temporairement ce vendredi 29 mai l’établissement sur le territoire d’un centre de quarantaine pour les ressortissants américains exposés à Ebola. L’information avait été confirmée jeudi à RFI. La construction de cette infrastructure a déjà démarré à Laikipia, dans le centre du pays, sur une base militaire aérienne des Forces de défense kényanes. Mais les organisations de la société civile kényane ne l’entendent pas de cette oreille.
C’est l’organisation de défense des droits humains, le Katiba Institute, qui a déposé jeudi 28 mai en urgence une plainte auprès de la Haute Cour de justice de Nairobi. Dans le document, l’organisation évoque « une installation de quarantaine pirate » sur le territoire kényan. Elle reproche au gouvernement d’avoir autorisé la construction de ce centre, sans avoir obtenu l’aval du Parlement, organisé les consultations publiques de rigueur, ni même dévoilé les contours de l’accord avec les États-Unis.
Un manque de transparence que déplore également le Dr Davji Bhimji Atellah, secrétaire général du Syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes. Il demande que soient rendues publiques les contreparties qu’aurait obtenues le Kenya pour avoir accepté d’accueillir l’infrastructure américaine.
Cette décision de justice intervient quelques heures après que le président William Ruto et le secrétaire d’État américain Marco Rubio se sont entretenus au téléphone. Dans un communiqué, Tommy Pigott, porte-parole du département d’État, a annoncé jeudi soir un financement de 13 millions et demi de dollars, pour soutenir les efforts du Kenya dans sa préparation à faire face au virus Ebola.
Alpha soumah
