Le procès de Moussa Condé, poursuivi pour des faits présumés de viol collectif dans une affaire qui a profondément ému l’opinion publique à Mandiana et bien au-delà des frontières guinéennes, s’est ouvert ce jeudi 30 juillet 2026 devant le Tribunal criminel compétent. À l’issue des débats, le ministère public a requis une peine de 20 ans de réclusion criminelle, assortie d’une amende d’un milliard de francs guinéens, tandis que la défense a sollicité l’indulgence de la juridiction.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Mandiana, Abdoulaye Soumah, a estimé que la gravité exceptionnelle des faits justifie une sanction exemplaire, à même de préserver l’ordre public et de dissuader toute récidive.
« Les faits de viol, d’enregistrement d’images d’autrui et de leur diffusion ne méritent qu’une peine de nature à rassurer la société et à empêcher le renouvellement d’une telle infraction, si ignoble qu’elle a bouleversé pratiquement le monde entier », a déclaré le magistrat.
S’il a regretté la diffusion des images sur les réseaux sociaux, le représentant du ministère public a néanmoins estimé que celle-ci a permis de mettre en lumière la gravité des actes reprochés et de susciter une prise de conscience collective.
« Le ministère public ne peut rester sans réaction. Il se doit d’agir à la hauteur de cette forfaiture en requérant une peine exemplaire », a-t-il insisté.
En conséquence, le parquet a demandé au tribunal de condamner Moussa Condé à 20 ans de réclusion criminelle, au paiement d’une amende d’un milliard de francs guinéens, ainsi qu’aux frais et dépens de la procédure, conformément aux dispositions du Code pénal, du Code de procédure pénale et de la loi relative à la cybersécurité et à la protection des données à caractère personnel.
Face à ces réquisitions, Me Ibrahima Khalil Kanté, avocat de la défense, a plaidé en faveur de la clémence, mettant en avant le jeune âge de son client, âgé de 19 ans.
Selon lui, la justice ne doit pas être guidée par un esprit de vengeance, mais plutôt par sa mission de rééducation et de réinsertion. Il a soutenu que la période déjà passée en détention par son client constitue une expérience suffisamment marquante pour favoriser sa prise de conscience et son amendement.
L’avocat a également rappelé que la décision à intervenir doit avoir une portée pédagogique pour l’ensemble de la société, afin de sensibiliser les citoyens à la gravité de tels actes et de prévenir leur répétition.
Au terme de sa plaidoirie, Me Kanté a présenté, au nom de son client, des excuses à la victime, Mme Fadima Kamara, à sa famille, ainsi qu’à l’ensemble des femmes de Mandiana, de Guinée et d’ailleurs.
« Ce qui s’est passé n’est pas acceptable », a-t-il déclaré, avant de remercier la Cour.
Le Tribunal criminel a mis l’affaire en délibéré. La date du prononcé de la décision sera communiquée ultérieurement.
