La situation semble se tendre davantage entre les agents du RAVEC et le département de l’Administration. Alors que, dans une note circulaire, la nouvelle ministre de l’Administration a demandé aux agents concernés de restituer les motos mises à leur disposition dans le cadre de leurs fonctions, conformément aux dispositions de l’article 10 de leurs contrats, les superviseurs du programme posent une condition : le règlement préalable de leurs 16 mois d’arriérés de salaires.
Pour ces agents, la restitution des motos ne peut être dissociée de la question de leurs rémunérations impayées. Ils estiment qu’en l’absence de garanties concrètes concernant le paiement de leurs droits, ils ne sont pas disposés, pour le moment, à remettre les engins qui leur avaient été confiés pour leurs activités de terrain.
Selon Amar Baldé, l’un des responsables du RAVEC, les agents ne refusent pas catégoriquement de restituer les motos. Ils souhaitent plutôt obtenir des garanties sur le règlement de leurs arriérés, alors que plusieurs agents disent déjà faire l’objet de pressions et de poursuites dans différentes localités du pays.
Amar Baldé s’est exprimé ce vendredi 28 août sur les antennes de nos confrères de Télé 24, où il a expliqué la position des superviseurs.
« Derrière, nous n’avons aucune garantie que nous serons payés. C’est pourquoi nous refusons pour le moment. Sinon, nous n’avons jamais dit que nous ne rendrions pas les motos. Dans l’article 10 de notre contrat, il est écrit noir sur blanc qu’à la fin de notre contrat, nous sommes tenus de restituer tout le matériel qui nous a été remis dans le cadre de l’exercice de nos fonctions pour le Programme national. »
Le responsable du RAVEC souligne toutefois qu’un autre point constitue, selon lui, une source de désaccord entre les agents et l’administration : l’absence, à ce jour, d’une notification officielle informant les superviseurs de la fin de leur contrat.
« Mais jusqu’à présent, nous n’avons reçu aucune notification nous informant que notre contrat est arrivé à son terme. C’est l’un des problèmes. Nous demandons donc qu’on ne récupère pas les motos sans, au préalable, régler nos arriérés. »
Amar Baldé revient également sur la situation professionnelle des agents, affirmant qu’après avoir travaillé pendant plusieurs mois et perçu leurs salaires, ceux-ci ont été progressivement écartés des activités sans notification officielle.
« En dehors des mois impayés, nous avons travaillé pendant sept mois et nous recevions nos salaires. Mais, à un moment donné, nous n’étions plus associés aux activités, sans qu’aucune note de service ne nous ait été adressée. »
Des agents interpellés et des motos récupérées
Au-delà de la question des salaires, le responsable du RAVEC évoque plusieurs cas d’interpellations d’agents dans différentes préfectures du pays. Selon son témoignage, certaines de ces interpellations auraient été suivies de la récupération des motos mises à la disposition des agents.
Il cite notamment le cas de Koundara, précisément à Koussy-Tel.
« Oui, tout à fait. À Koundara, précisément à Koussy-Tel, un autre collègue du nom de Touré a été arrêté et dépossédé de sa moto. Il a par la suite été libéré. Ils ont simplement récupéré la moto. »
Il évoque également la situation de plusieurs agents à Bétou.
« À Bétou, six personnes ont également été interpellées et leurs motos récupérées, avant leur libération. »
Selon Amar Baldé, un autre agent serait toujours détenu à Yomou au moment de son intervention.
« Au moment où nous vous parlons, à Yomou, un collègue du nom de Paul est toujours détenu. Il est en prison parce qu’il refuse de remettre sa moto alors qu’il n’a pas été payé. »
« Nous voulons une garantie »
Pour les responsables du RAVEC, le bras de fer pourrait pourtant prendre fin rapidement si un dialogue était engagé avec les agents et si des garanties étaient apportées concernant le règlement de leurs arriérés.
Amar Baldé assure que les agents sont prêts à restituer les motos, à condition qu’un interlocuteur crédible soit désigné pour échanger avec eux et les rassurer sur le paiement de leurs salaires impayés.
« S’ils veulent récupérer les motos, il suffit que je fasse passer un message vocal sur toutes les plateformes pour demander aux agents de les rendre, et ce sera fait. Mais nous voulons une garantie. »
Il précise :
« Nous voulons notamment avoir un interlocuteur avec lequel nous pourrons échanger, une personne en qui nous pourrons avoir confiance et qui pourra nous rassurer sur le règlement de nos arriérés. C’est seulement à cette condition que nous pourrons demander aux agents de restituer les motos. »
Le différend entre les agents du RAVEC et le département de l’Administration se retrouve ainsi au croisement de deux revendications : d’un côté, la demande de restitution du matériel mis à la disposition des agents ; de l’autre, l’exigence du paiement des 16 mois de salaires impayés.
Pour les superviseurs, la priorité est désormais l’ouverture d’un cadre de dialogue permettant de clarifier leur situation contractuelle et de trouver une solution à la question de leurs arriérés. En attendant, ils maintiennent leur position : pas de restitution des motos sans garanties sur le règlement de leurs droits.
D Youla
