À l’approche des élections communales et législatives prévues le 31 mai 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a convoqué une rencontre stratégique, ce samedi 11 avril, conviant les patrons des médias publics et privés , les responsables d’associations de presse, ainsi que les médias intéressés pour la couverture médiatique de ce double scrutins.
Cette rencontre d’une grande envergure s’est tenue au siège de l’institution.
Au cours de la rencontre, Boubacar Yacine Diallo, président de ladite institution a tenu à rappeler les principales règles encadrant la couverture médiatique de la campagne électorale, en insistant sur l’exigence d’égalité entre les candidats «Vous avez une contrainte : le traitement équitable des candidats. Si vous décidez d’ouvrir un espace pour la campagne, vous avez l’obligation d’accorder le même traitement à tous dans cette tranche », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, le président de la HAC a toutefois précisé que les médias restent libres de commercialiser des espaces publicitaires en dehors des tranches dédiées à la campagne officielle. « Les listes disposant de plus de moyens peuvent acheter des espaces. Mais nous vous recommandons de veiller à l’uniformité des tarifs, même si leur fixation relève de votre responsabilité » a-t-il ajouté.
Il a aussi insisté sur « Les contenus sponsorisés ne doivent en aucun cas être diffusés dans les espaces réservés à la campagne officielle. Ils doivent être identifiés et diffusés dans des tranches distinctes », a précisé le président Yacine Diallo, tout en rappelant que les médias ne doivent pas faire de propagande, sauf engagement personnel clairement assumé.
Télévisions : concilier campagne officielle et revenus publicitaires
S’adressant spécifiquement aux chaînes de télévision retenues pour la campagne officielle, Boubacar Yacine Diallo a indiqué qu’elles peuvent continuer à générer des revenus à travers la vente d’espaces publicitaires «Ce n’est pas parce qu’elles participent à la campagne officielle qu’elles doivent être privées de ressources. Toutefois, les contenus payants ne doivent pas être intégrés dans les journaux de campagne ni dans les émissions de débats. Ils doivent être diffusés dans des plages distinctes »a-t-il souligné.
La HAC a également annoncé l’adoption d’une directive visant à réguler l’usage des réseaux sociaux durant la période électorale.
Selon son président, seules les pages et chaînes qui s’impliquent directement dans la campagne seront concernées par cette réglementation. « Dès lors qu’une page ou une chaîne interfère dans la campagne et peut influencer l’opinion, elle est soumise à la directive et assimilée à un média » a-t-il expliqué.
En revanche, les plateformes qui n’interviennent pas dans le débat électoral ne sont pas concernées par ces mesures.
Journalistes candidats : obligation de réserve
Autre point important abordé lors de cette rencontre : la situation des journalistes engagés en politique. La HAC exige leur retrait temporaire des rédactions pendant toute la durée de la campagne «Tout journaliste candidat ou soutenant ouvertement un candidat doit se mettre en disponibilité. Il ne peut pas continuer à exercer pendant la campagne » a insisté Boubacar Yacine Diallo.
Pour clore, le président a mis en garde contre tout éventuels manquements aux règles établies, tout en exprimant le souhait de privilégier la prévention à la sanction« Notre objectif n’est pas de sanctionner, mais nous ne pouvons pas laisser la presse évoluer en dehors du cadre légal»a-t-il conclu.
Alpha soumah



